Révolutions de Façade

Libération, 11 August 2005.

Téhéran est couvert d’images de leaders révolutionnaires et de martyrs de la guerre Iran-Irak. Derrière ces visages se profilent des fonds idylliques suggérant leur passage à l’autre monde. Les peintures puisent dans un symbolisme iranien et islamique–tulipes roses pour le sang, arc-en-ciel, verdure du paradis–et empruntent leur composition à la propagande communiste. Aujourd’hui, la République islamique s’appuise toujours sur ces héros déchus, alors même que ces images ne parlent plus à une population de plus en plus jeune. Lors de mon premier voyage en Iran en 2004, à la veille du 25ème anniversaire de la révolution, j’ai réalisé que celle-ci a souvent été vu à travers l’optique myope de la religion, or j’ai toujours partagé l’opinion de Walter Benjamin qui préconisait de politiser l’esthétique et non d’esthétiser la politique.